SOLO SHOW KEES VAN DONGEN: 71, RUE DU FAUBOURG SAINT HONORÉ, PARIS 8E
La galerie HELENE BAILLY MARCILHAC a l’honneur de présenter une monographie dédiée à Kees van Dongen (1877–1968), figure majeure et singulière de l’art moderne du XXᵉ siècle. Né à Delfshaven, près de Rotterdam, et installé durablement à Paris dès la fin du XIXᵉ siècle, Van Dongen s’impose très tôt comme une personnalité artistique indépendante, affirmant une vision du portrait et de la couleur qui n’a cessé de nourrir les débats sur la modernité picturale.
Artiste associé dès 1905 aux avant gardes du fauvisme, van Dongen participe à l’effervescence du Salon d’Automne, dont la vigueur chromatique valut au mouvement le surnom de « fauves », forgé par le critique Louis Vauxcelles. S’il n’est pas accroché cette année là dans la salle VII, rapidement qualifiée par la critique de salle des fauves, aux côtés de Matisse, Derain ou Vlaminck, ses recherches picturales s’inscrivent néanmoins pleinement dans cette dynamique nouvelle. Dès la fin de l’année, sa participation à l’exposition de la librairie Prath & Maynier scelle son rattachement au groupe et renforce ses liens avec les principaux acteurs du fauvisme. Quelques années plus tard, Louis Vauxcelles le qualifiera d’« un des fauves les plus terrifiants » (Gil Blas, 4 mars 1908), soulignant la force expressive et la radicalité de son langage pictural.
Contrairement à nombre de ses contemporains, van Dongen cultive toute sa vie cette liberté expressive de la couleur, refusant de se soumettre à une quelconque orthodoxie académique. Sa peinture demeure une exploration constante de l’émotion picturale et de la présence humaine, portée par une intensité chromatique immédiatement reconnaissable.
Van Dongen n’est pas seulement un fauve dans la facture. Il est un peintre de la vie moderne, de la ville et du monde mondain. Son œuvre reflète l’effervescence de la vie parisienne, entre Montmartre et Montparnasse, et témoigne des élans cosmopolites, des fêtes, des cafés littéraires et des soirées où se croisent écrivains, artistes et figures de la société. Son art offre une radiographie du Paris des années 1900 à 1930, faite de sensualité assumée, d’audace chromatique et d’un sens aigu du portrait, qui lui valut une reconnaissance particulière auprès de la haute société comme d’un large public.
Les historiens de l’art soulignent souvent que van Dongen « élève la couleur à une puissance expressive qui dépasse la simple représentation », faisant de son œuvre une référence essentielle pour comprendre les dynamiques du portrait moderne. Ses figures féminines, associées à l’élégance, à l’émancipation et à une forme de complexité psychologique, capturent à la fois l’esprit d’une époque et une dimension plus intime du regard.
À la galerie HELENE BAILLY MARCILHAC, nous sommes particulièrement fiers de présenter plusieurs œuvres essentielles de ce parcours singulier, qui permettent de saisir les multiples facettes de sa démarche, du fauvisme originel aux portraits de société. Cette monographie offre ainsi une lecture dense et nuancée d’un artiste resté profondément « fauve » dans l’esprit comme dans l’usage de la couleur tout au long de sa carrière.
