NABIS: 71, RUE DU FAUBOURG SAINT HONORÉ, PARIS 8E

8 September - 10 October 2026
Overview
La galerie HELENE BAILLY MARCILHAC a l'honneur de présenter une exposition consacrée aux Nabis, ce groupe d'artistes qui émergent à la fin du XIXᵉ siècle autour d'une conviction partagée : libérer la peinture de l'académisme et des conventions naturalistes.
 
Nés de la rencontre à l'Académie Julian entre Paul Sérusier, Édouard Vuillard, Pierre Bonnard, Maurice Denis et Ranson, les Nabis puisent leur inspiration première chez Paul Gauguin, dont l'œuvre et la pensée ont offert à ces jeunes peintres la possibilité d'une peinture affranchie de l'imitation. C'est Sérusier qui, en 1889, donne au mouvement son nom prophétique : Nabis, du terme hébreu Nevi'im signifiant « prophète ». Non pas vanité, mais certitude qu'une autre peinture est possible, qu'une vision renouvelée de l'art s'impose comme une nécessité.
Contrairement à nombre de leurs contemporains, les Nabis refusent toute orthodoxie esthétique. Ils se présentent volontairement comme « impressionnistes et symbolistes » lors de leur première exposition collective en 1891 à la galerie Le Barc de Boutteville, affirmant par cette formule même qu'ils n'appartiennent à aucune école exclusive. Malgré leurs différences singulières, malgré la diversité de leurs recherches, ils demeurent unis par une ambition commune : faire de la peinture un art décoratif et accessible, mêlant création savante et vie quotidienne, refusant la séparation entre beaux-arts et arts appliqués. Liés à La Revue blanche, proches du Salon des Indépendants, ils font circuler leurs idées dans les milieux intellectuels parisiens, construisant un dialogue constant entre peinture, poésie, musique et design.
Ce qui les caractérise profondément, c'est une conviction formelle : la peinture ne doit pas raconter mais exprimer. Maurice Denis l'énoncera avec clarté en affirmant que la composition prime sur le sujet, qu'un tableau est d'abord une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. Cette révolution copernicienne place la forme, la couleur, le rythme au cœur de l'œuvre. Les Nabis ne cherchent pas à peindre le monde visible ; ils en explorent la résonance intérieure, l'atmosphère, l'intimité. Leurs compositions oscillent entre symbolisme religieux et scènes domestiques, mais toujours selon une logique où l'arrangement plastique devient le véritable sujet.
 
Les historiens de l'art l'ont démontré : les Nabis ont fondamentalement transformé ce que peut être la peinture moderne. En plaçant l'autonomie de la surface et la valeur expressive de la couleur au cœur de leur projet, ils ont ouvert un champ d'exploration dont les implications s'étendront bien au-delà de leur moment collectif. Leur dernière exposition de groupe remonte à 1900 ; mais leur influence, elle, ne cessera de résonner. Cet héritage de la peinture du quotidien, inscrite dans l'atmosphère et l'intérieur, continue d'interroger les artistes contemporains et de nourrir les débats sur la modernité picturale, comme l'a récemment confirmé l'exposition « Être ici est une splendeur » au Musée d'Orsay, où la pensée nabi dialogue avec la création actuelle.
 
À la galerie HELENE BAILLY MARCILHAC, nous sommes particulièrement fiers de présenter cet ensemble d'œuvres essentielles, qui permet de saisir les multiples facettes de cette aventure singulière. L'exposition offre ainsi une lecture dense et nuancée des Nabis, de leur ambition symboliste à leur radicale invention formelle, et rappelle combien leur œuvre demeure centrale pour comprendre les transformations profondes de la peinture moderne à l'aube du XXᵉ siècle.