MAURICE DENIS 1870-1943
Vue prise du Yaudet , 1912
Huile sur carton contrecollé sur panneau
51 x 77 cm
Cette œuvre sera inclus dans le Catalogue Raisonné des peintures de Maurice Denis, actuellement en préparation par les Archives Maurice Denis. Avis d'inclusion en date du 12 décembre 2025.
Monogrammé en bas à gauche : MAVD
Réalisée en 1912, cette huile sur carton de Maurice Denis s’inscrit dans une période de pleine maturité artistique. Membre fondateur du groupe des Nabis et théoricien majeur de la peinture...
Réalisée en 1912, cette huile sur carton de Maurice Denis s’inscrit dans une période de pleine maturité artistique. Membre fondateur du groupe des Nabis et théoricien majeur de la peinture moderne, Denis développe alors une œuvre où la construction décorative, la couleur et la spiritualité se rejoignent dans une vision profondément méditative du monde. À cette date, son langage pictural est pleinement affirmé et il ne cherche plus à décrire la nature mais à en restituer l’harmonie intérieure.
Le paysage représenté se situe au Yaudet, sur la commune de Ploulec’h, près de Lannion, à l’embouchure de la rivière du Léguer. Ce site ancien, dominant l’estuaire, est chargé d’histoire et de mémoire. Occupé dès la Préhistoire, fortifié à l’époque gauloise et romaine, puis habité jusqu’au Moyen Âge, le Yaudet incarne un lieu de transition entre terre et mer, entre nature et civilisation. Son promontoire offre un panorama ample et silencieux, propice à la contemplation, qui ne pouvait que séduire Maurice Denis, sensible aux paysages porteurs de profondeur spirituelle.
La rivière de Lannion structure la composition et en constitue l’axe central. Son cours calme reflète la lumière du ciel, animée par de petites touches dorées qui suggèrent le frémissement de l’eau. Les collines environnantes sont traitées en larges aplats colorés, dans des tonalités de verts, d’ocres et de roses, organisés selon un rythme souple et décoratif. Le paysage n’est pas une transcription fidèle du réel mais une recomposition poétique où les formes sont volontairement simplifiées afin de créer une unité visuelle et émotionnelle.
Au premier plan, une figure féminine est assise près d’une barque, introduisant une présence humaine discrète et silencieuse. Le modèle, probablement issu de l’entourage proche de l’artiste, n’est pas individualisé. Il ne s’agit pas d’un portrait au sens strict mais d’une figure méditative, presque intemporelle. Chez Maurice Denis, la figure féminine incarne souvent le recueillement, la douceur et l’harmonie. Elle sert ici de médiation entre le spectateur et le paysage et invite à une lecture intérieure de la scène.
La palette chromatique, caractéristique de l’artiste, associe des tons chauds et terreux à des bleus lumineux et des verts nuancés. La touche, visible mais maîtrisée, anime la surface picturale sans rompre l’équilibre général. Cette approche illustre pleinement la pensée esthétique de Denis selon laquelle la peinture repose avant tout sur l’organisation des formes et des couleurs sur une surface plane, au service d’une émotion intérieure plutôt que d’un rendu naturaliste.
Cette œuvre témoigne de l’attachement profond de Maurice Denis à la Bretagne, région qu’il fréquente assidûment à partir des années 1900, notamment après l’acquisition d’une maison à Perros Guirec. Loin d’un simple attrait pittoresque, la Bretagne représente pour lui un territoire de ressourcement et de méditation où nature, mémoire et spiritualité se rejoignent. Le site du Yaudet devient ainsi un espace presque hors du temps, transformé par la peinture en un paysage intérieur.
Bénéficiant d’une provenance prestigieuse et exposée en 1924 au Musée des Arts Décoratifs de Paris lors d’une importante exposition consacrée à l’artiste, cette œuvre s’impose comme un témoignage significatif de la production de Maurice Denis dans les années 1910. Elle illustre avec force sa capacité à unir paysage, figure humaine et quête spirituelle dans une vision poétique et profondément moderne.
Le paysage représenté se situe au Yaudet, sur la commune de Ploulec’h, près de Lannion, à l’embouchure de la rivière du Léguer. Ce site ancien, dominant l’estuaire, est chargé d’histoire et de mémoire. Occupé dès la Préhistoire, fortifié à l’époque gauloise et romaine, puis habité jusqu’au Moyen Âge, le Yaudet incarne un lieu de transition entre terre et mer, entre nature et civilisation. Son promontoire offre un panorama ample et silencieux, propice à la contemplation, qui ne pouvait que séduire Maurice Denis, sensible aux paysages porteurs de profondeur spirituelle.
La rivière de Lannion structure la composition et en constitue l’axe central. Son cours calme reflète la lumière du ciel, animée par de petites touches dorées qui suggèrent le frémissement de l’eau. Les collines environnantes sont traitées en larges aplats colorés, dans des tonalités de verts, d’ocres et de roses, organisés selon un rythme souple et décoratif. Le paysage n’est pas une transcription fidèle du réel mais une recomposition poétique où les formes sont volontairement simplifiées afin de créer une unité visuelle et émotionnelle.
Au premier plan, une figure féminine est assise près d’une barque, introduisant une présence humaine discrète et silencieuse. Le modèle, probablement issu de l’entourage proche de l’artiste, n’est pas individualisé. Il ne s’agit pas d’un portrait au sens strict mais d’une figure méditative, presque intemporelle. Chez Maurice Denis, la figure féminine incarne souvent le recueillement, la douceur et l’harmonie. Elle sert ici de médiation entre le spectateur et le paysage et invite à une lecture intérieure de la scène.
La palette chromatique, caractéristique de l’artiste, associe des tons chauds et terreux à des bleus lumineux et des verts nuancés. La touche, visible mais maîtrisée, anime la surface picturale sans rompre l’équilibre général. Cette approche illustre pleinement la pensée esthétique de Denis selon laquelle la peinture repose avant tout sur l’organisation des formes et des couleurs sur une surface plane, au service d’une émotion intérieure plutôt que d’un rendu naturaliste.
Cette œuvre témoigne de l’attachement profond de Maurice Denis à la Bretagne, région qu’il fréquente assidûment à partir des années 1900, notamment après l’acquisition d’une maison à Perros Guirec. Loin d’un simple attrait pittoresque, la Bretagne représente pour lui un territoire de ressourcement et de méditation où nature, mémoire et spiritualité se rejoignent. Le site du Yaudet devient ainsi un espace presque hors du temps, transformé par la peinture en un paysage intérieur.
Bénéficiant d’une provenance prestigieuse et exposée en 1924 au Musée des Arts Décoratifs de Paris lors d’une importante exposition consacrée à l’artiste, cette œuvre s’impose comme un témoignage significatif de la production de Maurice Denis dans les années 1910. Elle illustre avec force sa capacité à unir paysage, figure humaine et quête spirituelle dans une vision poétique et profondément moderne.
Provenance
Galerie Druet, Paris.Collection Marguerite Terré (1870-1958), épouse d'Édouard Terré (officier de cavalerie).
Par descendance à l'ancien propriétaire.
Vente Ader, décembre 2025.
Expositions
Paris, Musée des Arts Décoratifs, Maurice Denis, 11 avril-11 mai 1924.Newsletter
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