HENRI LEBASQUE 1865-1937
Fillette à la robe à carreaux
Huile sur papier marouflé sur panneau
37,5 x 17,5 cm
Signé en bas à droite : Lebasque
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Cette délicate étude peut être située vers 1908-1912, période durant laquelle Henri Lebasque atteint la pleine maturité de son art. Après avoir fréquenté Camille Pissarro, Auguste Renoir et les peintres...
Cette délicate étude peut être située vers 1908-1912, période durant laquelle Henri Lebasque atteint la pleine maturité de son art. Après avoir fréquenté Camille Pissarro, Auguste Renoir et les peintres néo-impressionnistes, puis participé à la fondation du Salon d’Automne en 1903 aux côtés d’Henri Matisse, Albert Marquet et Georges Rouault, Lebasque développe une écriture profondément personnelle. Sans jamais adhérer pleinement au fauvisme, il retient de ses contemporains la liberté de la couleur tout en conservant une peinture fondée sur la douceur de la lumière et la recherche d’une harmonie sereine.
À partir de 1905, son œuvre se concentre largement sur les scènes familiales et les portraits d’enfants, qui constituent l’un des fils conducteurs de sa production. Ses filles, Marthe, née en 1895, puis Jeanne, dite Nono, née en 1901, deviennent ses modèles privilégiés. Elles apparaissent dans de nombreuses compositions réalisées aussi bien à Paris que dans les jardins de Lagny, à Saint-Tropez ou, plus tard, sur la Côte d’Azur. Bien qu’il soit aujourd’hui impossible d’identifier avec certitude le modèle représenté ici, la physionomie de cette jeune enfant et la période d’exécution rendent vraisemblable l’hypothèse qu’il puisse s’agir de l’une de ses filles, comme c’est fréquemment le cas dans son œuvre.
La jeune fillette est représentée debout, le regard baissé et les mains délicatement croisées devant elle. Cette attitude réservée confère au portrait une grande douceur et une émotion silencieuse. Rien ne vient distraire l’attention du spectateur : le fond est volontairement laissé nu, sans décor ni accessoire, afin de concentrer toute la force expressive sur la présence de l’enfant. Lebasque ne cherche pas à réaliser un portrait mondain, mais à saisir un instant de recueillement, une attitude naturelle empreinte d’une grande simplicité.
La composition, verticale, renforce cette impression d’intimité. Le personnage occupe presque toute la surface du support et s’inscrit dans un équilibre d’une remarquable sobriété. La technique témoigne de la spontanéité du travail de Lebasque. Peinte à l’huile sur papier, l’œuvre conserve toute la fraîcheur d’une étude exécutée rapidement devant le modèle. Les touches larges et visibles construisent les volumes sans dessin préparatoire apparent. Le pinceau reste libre, laissant la matière picturale vibrer à la surface du papier.
Cette facture souple et directe est caractéristique des études réalisées par l’artiste au cours des années précédant la Première Guerre mondiale. La palette repose sur un nombre volontairement limité de tonalités. Les gris bleutés de la robe, ponctués de rehauts blancs suggérant le motif à carreaux, contrastent avec les nuances blondes des cheveux et les carnations délicatement rosées du visage et des mains. Le fond brun doré, largement laissé apparent, diffuse une lumière chaude qui enveloppe la silhouette sans recourir aux effets d’ombre traditionnels.
Cette économie chromatique révèle toute la sensibilité coloriste de Lebasque, qui privilégie les accords subtils aux contrastes éclatants. L’œuvre illustre parfaitement la manière dont le peintre renouvelle le portrait d’enfant au début du XXᵉ siècle. Si l’on retrouve chez lui l’héritage de Renoir dans l’attention portée à l’enfance, son approche demeure plus intime, plus silencieuse et profondément empreinte de tendresse.
À partir de 1905, son œuvre se concentre largement sur les scènes familiales et les portraits d’enfants, qui constituent l’un des fils conducteurs de sa production. Ses filles, Marthe, née en 1895, puis Jeanne, dite Nono, née en 1901, deviennent ses modèles privilégiés. Elles apparaissent dans de nombreuses compositions réalisées aussi bien à Paris que dans les jardins de Lagny, à Saint-Tropez ou, plus tard, sur la Côte d’Azur. Bien qu’il soit aujourd’hui impossible d’identifier avec certitude le modèle représenté ici, la physionomie de cette jeune enfant et la période d’exécution rendent vraisemblable l’hypothèse qu’il puisse s’agir de l’une de ses filles, comme c’est fréquemment le cas dans son œuvre.
La jeune fillette est représentée debout, le regard baissé et les mains délicatement croisées devant elle. Cette attitude réservée confère au portrait une grande douceur et une émotion silencieuse. Rien ne vient distraire l’attention du spectateur : le fond est volontairement laissé nu, sans décor ni accessoire, afin de concentrer toute la force expressive sur la présence de l’enfant. Lebasque ne cherche pas à réaliser un portrait mondain, mais à saisir un instant de recueillement, une attitude naturelle empreinte d’une grande simplicité.
La composition, verticale, renforce cette impression d’intimité. Le personnage occupe presque toute la surface du support et s’inscrit dans un équilibre d’une remarquable sobriété. La technique témoigne de la spontanéité du travail de Lebasque. Peinte à l’huile sur papier, l’œuvre conserve toute la fraîcheur d’une étude exécutée rapidement devant le modèle. Les touches larges et visibles construisent les volumes sans dessin préparatoire apparent. Le pinceau reste libre, laissant la matière picturale vibrer à la surface du papier.
Cette facture souple et directe est caractéristique des études réalisées par l’artiste au cours des années précédant la Première Guerre mondiale. La palette repose sur un nombre volontairement limité de tonalités. Les gris bleutés de la robe, ponctués de rehauts blancs suggérant le motif à carreaux, contrastent avec les nuances blondes des cheveux et les carnations délicatement rosées du visage et des mains. Le fond brun doré, largement laissé apparent, diffuse une lumière chaude qui enveloppe la silhouette sans recourir aux effets d’ombre traditionnels.
Cette économie chromatique révèle toute la sensibilité coloriste de Lebasque, qui privilégie les accords subtils aux contrastes éclatants. L’œuvre illustre parfaitement la manière dont le peintre renouvelle le portrait d’enfant au début du XXᵉ siècle. Si l’on retrouve chez lui l’héritage de Renoir dans l’attention portée à l’enfance, son approche demeure plus intime, plus silencieuse et profondément empreinte de tendresse.
Provenance
Vente Artvalorem, Paris, 2026.1
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