HENRI MATISSE 1869-1954
Nu debout, circa 1936
Fusain et estompe sur papier
63,5 x 48,3 cm
82,5 x 97,5 cm (avec cadre)
82,5 x 97,5 cm (avec cadre)
L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par Monsieur Georges Matisse.
Signé en bas à gauche : H Matisse
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Figure majeure de l’art moderne et chef de file du fauvisme, Henri Matisse place le dessin au cœur de sa recherche artistique tout au long de sa carrière. Si la...
Figure majeure de l’art moderne et chef de file du fauvisme, Henri Matisse place le dessin au cœur de sa recherche artistique tout au long de sa carrière. Si la couleur demeure l’un des fondements essentiels de son œuvre, la ligne constitue pour lui le moyen le plus direct de saisir l’essence d’une figure. Le dessin n’est ainsi jamais une simple étude préparatoire : il devient un véritable espace de réflexion, où s’élaborent le rythme, le mouvement et l’équilibre de la composition.
Exécuté vers 1936, Nu debout appartient à une période particulièrement féconde et importante de la carrière de Matisse. Installé à Nice depuis près de vingt ans, l’artiste vient alors d’achever le décor monumental de La Danse pour la Fondation Barnes (1930-1933), expérience déterminante qui l’amène à simplifier progressivement les formes et à rechercher une expression toujours plus épurée. Les années 1935-1939 constituent ainsi un sommet de son œuvre graphique, annonçant les grands dessins à l’encre et, plus tard, l’invention des célèbres papiers découpés.
Le nu féminin occupe alors une place centrale dans son travail. Loin de se limiter à une étude anatomique, il devient le support d’une réflexion approfondie sur les rapports entre la ligne, la lumière et le volume. Représenté debout, dans une attitude simple et frontale, le modèle se construit par une succession de traits, de repentirs et de passages estompés qui rendent visible le processus même de création. Les contours demeurent volontairement ouverts, permettant à la figure de vibrer plutôt que de se figer dans une forme définitive.
Le fusain constitue pour Matisse un outil privilégié. Il le considère comme un moyen essentiel de s’approprier son sujet et d’atteindre une composition capable de restituer à la fois la vie et la sensualité du modèle. L’usage de l’estompe, caractéristique de ses dessins de cette période, permet de diffuser la lumière et de modeler les volumes avec une grande douceur. Les courbes du corps naissent ainsi moins de la précision du contour que des subtiles variations de valeurs, conférant à la figure une présence à la fois sereine, sensuelle et profondément vivante.
Comme Matisse l’écrit dans Notes d’un peintre sur son dessin (1939) :
« Les dessins sont toujours précédés d’études exécutées dans un moyen moins rigoureux que la ligne pure, comme le fusain ou le dessin estompé, qui me permettent de considérer simultanément le caractère du modèle, son expression humaine, la qualité de la lumière environnante, l’atmosphère et tout ce qui ne peut être exprimé que par le dessin. »
Cette réflexion éclaire particulièrement Nu debout, dont la simplicité apparente est le fruit d’une recherche longue et minutieuse. Les multiples reprises visibles autour des épaules et de la tête témoignent de cette quête de la ligne juste, capable de traduire le mouvement intérieur du corps plutôt que sa seule apparence extérieure.
L’identité du modèle n’est pas connue avec certitude. Toutefois, le dessin ayant été réalisé à une époque où Lydia Delectorskaya, devenue l’assistante, la secrétaire et l’un des principaux modèles de Matisse, occupait une place essentielle au sein de son atelier niçois, il est possible qu’elle ait inspiré cette étude. Sans qu’il soit possible de l’identifier formellement, cette hypothèse s’inscrit néanmoins dans le contexte de la pratique de Matisse à cette période.
Exécuté vers 1936, Nu debout appartient à une période particulièrement féconde et importante de la carrière de Matisse. Installé à Nice depuis près de vingt ans, l’artiste vient alors d’achever le décor monumental de La Danse pour la Fondation Barnes (1930-1933), expérience déterminante qui l’amène à simplifier progressivement les formes et à rechercher une expression toujours plus épurée. Les années 1935-1939 constituent ainsi un sommet de son œuvre graphique, annonçant les grands dessins à l’encre et, plus tard, l’invention des célèbres papiers découpés.
Le nu féminin occupe alors une place centrale dans son travail. Loin de se limiter à une étude anatomique, il devient le support d’une réflexion approfondie sur les rapports entre la ligne, la lumière et le volume. Représenté debout, dans une attitude simple et frontale, le modèle se construit par une succession de traits, de repentirs et de passages estompés qui rendent visible le processus même de création. Les contours demeurent volontairement ouverts, permettant à la figure de vibrer plutôt que de se figer dans une forme définitive.
Le fusain constitue pour Matisse un outil privilégié. Il le considère comme un moyen essentiel de s’approprier son sujet et d’atteindre une composition capable de restituer à la fois la vie et la sensualité du modèle. L’usage de l’estompe, caractéristique de ses dessins de cette période, permet de diffuser la lumière et de modeler les volumes avec une grande douceur. Les courbes du corps naissent ainsi moins de la précision du contour que des subtiles variations de valeurs, conférant à la figure une présence à la fois sereine, sensuelle et profondément vivante.
Comme Matisse l’écrit dans Notes d’un peintre sur son dessin (1939) :
« Les dessins sont toujours précédés d’études exécutées dans un moyen moins rigoureux que la ligne pure, comme le fusain ou le dessin estompé, qui me permettent de considérer simultanément le caractère du modèle, son expression humaine, la qualité de la lumière environnante, l’atmosphère et tout ce qui ne peut être exprimé que par le dessin. »
Cette réflexion éclaire particulièrement Nu debout, dont la simplicité apparente est le fruit d’une recherche longue et minutieuse. Les multiples reprises visibles autour des épaules et de la tête témoignent de cette quête de la ligne juste, capable de traduire le mouvement intérieur du corps plutôt que sa seule apparence extérieure.
L’identité du modèle n’est pas connue avec certitude. Toutefois, le dessin ayant été réalisé à une époque où Lydia Delectorskaya, devenue l’assistante, la secrétaire et l’un des principaux modèles de Matisse, occupait une place essentielle au sein de son atelier niçois, il est possible qu’elle ait inspiré cette étude. Sans qu’il soit possible de l’identifier formellement, cette hypothèse s’inscrit néanmoins dans le contexte de la pratique de Matisse à cette période.
Provenance
Collection Jean Matisse, France (fils de l'artiste).Galerie Lumley Cazalet, Londres.
Galerie Beyeler, Bâle.
Collection Jan Krugier, Genève (label au dos).
Vente Sotheby's, Londres, 2014.
Collection privée.
Vente Sotheby's, Paris, 2026.
Exhibitions
Bâle, Galerie Beyeler, Nudes – Nus – Nackte, 1984, illustré sous le n° 43.Andros, Fondation Basil & Elise Goulandris, Henri Matisse, 1988, illustré au catalogue, p. 25.
Berlin, Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin – Preussischer Kulturbesitz, Linie, Licht und Schatten. Meisterzeichnungen und Skulpturen der Sammlung Jan und Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 1999, illustré sous le n° 144, p. 305.
Venise, Peggy Guggenheim Collection, Solomon R. Guggenheim Foundation, The Timeless Eye. Master Drawings from the Jan and Marie-Anne Krugier-Poniatowski Collection, 1999, illustré sous le n° 174, p. 363.
Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza, Miradas sin Tiempo. Dibujos, Pinturas y Esculturas de la Colección Jan y Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 2000, illustré sous le n° 159, p. 351.
Paris, Musée Jacquemart-André, La Passion du dessin. Collection Jan et Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 2002, illustré sous le n° 148.
Paris, Galeries nationales du Grand Palais, Matisse/Picasso, 2002–2003, illustré sous le n° 112.
Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza, Matisse 1917–1941, 2009, illustré sous le n° 54, p. 143.
المنشورات
Revue Verve, volume. III, Paris, octobre–décembre 1938, illustré n.p.Lydia Delectorskaya, L'apparente facilité… Henri Matisse. Peintures de 1935 à 1939, Paris, 1986, reproduit p. 171. catalogue d'expositon.
Vienne, Albertina, Goya bis Picasso. Meisterwerke der Sammlung Jan Krugier et Anne-Marie Krugier-Poniatowski, 2005.
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