PIERRE BONNARD 1867-1947
Petit Solfège Illustré
Encre de Chine sur papier
Cette œuvre sera incluse dans le deuxième tome du Catalogue raisonné des aquarelles, gouaches, pastels, crayons de couleurs et lavis de Pierre Bonnard en préparation par Guy Patrice et Floriane Dauberville. Avis d'inclusion en date du 8 juillet 2022.
Signé en bas au centre : C. Terrasse ; Pierre Bonnard
Le goût des Nabis pour la musique est souvent le fruit de rencontres, tandis que Maurice Denis côtoie le peintre et éditeur de musique Henry Lerolle, que Vuillard fréquente le...
Le goût des Nabis pour la musique est souvent le fruit de rencontres, tandis que Maurice Denis côtoie le peintre et éditeur de musique Henry Lerolle, que Vuillard fréquente le conservatoire, Pierre Bonnard entre en relation avec l’univers musical à l’occasion de l’union de sa sœur Andrée avec le musicien Claude Terrasse en 1890. Se retrouvant régulièrement ensemble, Bonnard et Terrasse unissent leur talent pour créer des œuvres uniques mêlant l’univers nabi à la musique. Dès 1891, Bonnard commence à travailler sur les illustrations du Petit Solfège, un livre pour enfants sur la théorie musicale écrit par son beau-frère, Claude Terrasse. Le duo collabore pendant plusieurs mois sur l’ouvrage. D’un commun accord, ils se décident pour la production d’illustrations en couleurs, chacune étant une interprétation visuelle des morceaux. En s’inspirant de l’art japonais et du cloisonnisme de Gauguin, Bonnard compose 32 dessins en comblant avec une habilité et un brio exceptionnel les blancs et les marges laissés par la musique. La gamme, la portée, les intervalles et le mouvement sont symbolisés par de petits personnages, dont l’animation participe à faire de ce solfège un chef-d’œuvre. Dans une lettre envoyée d’Arcachon le 13 avril 1891, Bonnard écrit à Vuillard : Il faut que je songe aux décorateurs de missels des temps passés ou bien aux japonais mettant de l’art dans des dictionnaires encyclopédiques, pour me donner du courage». Passionné par ce projet, Bonnard réalise plusieurs aquarelles préparatoires dont les deux présents dessins sont de parfaits exemples. Caractérisés par une esthétique japonisante, ils représentent une chorale composée d’enfants en train de chanter. Bonnard se détache du réalisme pour proposer une version lisible et imagée de la musique. Les paroles des chansons et les sons sont ainsi symbolisés par des volutes sortant de la bouche grande ouverte des enfants. En s’adaptant à l’univers de l’illustration, Bonnard utilise la réserve du papier et abandonne la couleur. Il se focalise sur le trait, noir et épais, rappelant les estampes japonaises. Vers 1890, de nombreux artistes, illustrèrent des partitions des albums de musique et jusqu’à des couvertures pour des chansons de la rue, car ils considéraient que tout ce qui était théâtre, poésie et musique se référe à leurs œuvres. Dans une volonté de rendre l’art plus décoratif, ils exécutèrent des affiches, des vitraux ou des tapisseries. Cela correspondait également à l’engouement pour la chanson qui fleurissait dans les cabarets, les café-concert et les music-halls. « Le petit Solfège » est un témoin unique du style si particulier de Pierre Bonnard, mêlant l’esthétique japonisante à l’humour et au mouvement nabi.
Provenance
Collection privée.Vente Ferri, Paris, 2021.
Exhibitions
Pour une autre version de cette œuvre :Le Cannet, Musée Bonnard, Enfance rêvées Bonnard, les Nabis et l'enfance, juillet-novembre 2022, p. 207 et 208 (illustré en couleurs)
المنشورات
Isabelle Cahn et Benoît Chrétien, Petit Solfège Illustré, éditions de la Réunion des Musées Nationaux, 2022, autre projet de couverture non réalisé illustré p.3Petit Solfège Illustré, texte de Claude Terrasse et illustrations de Pierre Bonnard, 1893, autre couverture illustrée
Newsletter
* denotes required fields
We will process the personal data you have supplied to communicate with you in accordance with our Privacy Policy. You can unsubscribe or change your preferences at any time by clicking the link in our emails.