JOAN MIRO 1893-1983
La toilette de Violette, 1938
Huile, gouache et encre sur papier
77 x 55,5 cm
Certificat d’authenticité délivré par l’ADOM (Association pour la Défense de l’œuvre de Joan Miró), en date du 26 juin 2001.
Signé vers le milieu à gauche : Miro
Réalisée le 18 juillet 1938, La toilette de Violette s’inscrit dans une période particulièrement importante de l’œuvre de Joan Miró. L’artiste est alors au sommet de sa maturité créatrice et...
Réalisée le 18 juillet 1938, La toilette de Violette s’inscrit dans une période particulièrement importante de l’œuvre de Joan Miró. L’artiste est alors au sommet de sa maturité créatrice et a pleinement développé le vocabulaire plastique qui fait son originalité : un univers peuplé de figures métamorphiques, de signes poétiques et de formes librement inspirées du réel.
L’œuvre voit le jour dans un contexte historique particulièrement troublé. Depuis 1936, l’Espagne est déchirée par la guerre civile qui oppose les Républicains aux Nationalistes dirigés par le général Franco. Profondément attaché à sa Catalogne natale, Miró vit douloureusement cette période.
Pourtant, contrairement à d’autres artistes de son temps qui choisissent la dénonciation directe ou la représentation des événements historiques, il préfère transposer ses émotions dans un langage poétique et symbolique. Les années qui entourent le conflit espagnol donnent ainsi naissance à certaines de ses œuvres les plus inventives, où la réalité quotidienne se mêle à l’imaginaire dans un équilibre subtil entre gravité et poésie.
Le titre de l’œuvre introduit une figure féminine désignée sous le prénom de « Violette ». Toutefois, son identité demeure inconnue. Comme souvent chez Miró, ce prénom participe autant à la poésie de l’œuvre qu’à son identification. Cette part de mystère contribue à son charme et laisse au spectateur la liberté d’imaginer son histoire. La composition est dominée par la présence d’une jeune femme représentée de profil dans la partie gauche de la feuille. Quelques lignes suffisent à Miró pour lui donner une présence saisissante. Son long nez, son œil largement ouvert et sa chevelure déployée en fines lignes rayonnantes appartiennent pleinement au répertoire formel développé par l’artiste à la fin des années 1930.
Tout en continuant à se coiffer, Violette semble effectuer un mouvement brusque vers son miroir et courir à grandes enjambées vers sa destinée. Sa poitrine, son nombril et l’espace entre ses jambes peuvent également évoquer la présence d’un homme barbu nous regardant frontalement, révélant ainsi l’ambiguïté et la dimension métamorphique propres à l’univers de Miró. Le corps de Violette est lui aussi traité comme une forme en transformation. Son cou s’allonge de manière irréelle, reliant la tête à un torse réduit à une forme ovoïde. Ses jambes largement écartées occupent la partie inférieure de la composition et donnent à la figure une présence presque monumentale.
Miró transforme ainsi le corps féminin en un signe vivant : ni véritable portrait ni simple figure imaginaire, mais une apparition poétique suspendue entre réalité et rêve. Les délicates touches rosées qui animent les joues, le visage et certaines parties du corps apportent une douceur charnelle à l’ensemble. Elles introduisent une sensation de fraîcheur et d’humanité qui contraste avec la force du trait noir. À droite de la composition apparaissent les éléments permettant d’identifier le cadre de la scène. Un grand rectangle noir placé légèrement en retrait évoque clairement un miroir. Sa présence organise l’espace et confirme le thème de la toilette. Sous celui-ci, une structure géométrique composée de quelques lignes horizontales et verticales peut être interprétée comme une chaise. Ensemble, ces éléments rappellent l’univers d’une salle de bain. Réduits à quelques signes essentiels, ils restent néanmoins immédiatement reconnaissables.
Miró démontre ici sa capacité exceptionnelle à suggérer un environnement complet avec une remarquable économie de moyens. Cette simplification volontaire des formes constitue l’une des caractéristiques majeures de son art. Il ne cherche jamais à reproduire fidèlement le monde visible ; il en retient l’essentiel afin d’en révéler la dimension poétique. Les objets du quotidien deviennent ainsi des signes, tandis que les figures humaines acquièrent une portée universelle.
Exécutée à l’huile, à la gouache et à l’encre sur papier, l’œuvre témoigne également de la liberté technique qui caractérise Miró à cette époque. Le support papier favorise la spontanéité du dessin, tandis que les différentes techniques se combinent avec une grande souplesse. Le trait noir, fluide et nerveux, structure la composition avec une apparente simplicité qui masque une parfaite maîtrise. Si la période est marquée par les bouleversements de l’Histoire, Miró choisit ici de privilégier une scène intime et silencieuse. Cette jeune femme se coiffant apparaît comme une figure de grâce et de sérénité. L’œuvre ne constitue pas une échappatoire au réel, mais plutôt sa transfiguration poétique.
L’œuvre voit le jour dans un contexte historique particulièrement troublé. Depuis 1936, l’Espagne est déchirée par la guerre civile qui oppose les Républicains aux Nationalistes dirigés par le général Franco. Profondément attaché à sa Catalogne natale, Miró vit douloureusement cette période.
Pourtant, contrairement à d’autres artistes de son temps qui choisissent la dénonciation directe ou la représentation des événements historiques, il préfère transposer ses émotions dans un langage poétique et symbolique. Les années qui entourent le conflit espagnol donnent ainsi naissance à certaines de ses œuvres les plus inventives, où la réalité quotidienne se mêle à l’imaginaire dans un équilibre subtil entre gravité et poésie.
Le titre de l’œuvre introduit une figure féminine désignée sous le prénom de « Violette ». Toutefois, son identité demeure inconnue. Comme souvent chez Miró, ce prénom participe autant à la poésie de l’œuvre qu’à son identification. Cette part de mystère contribue à son charme et laisse au spectateur la liberté d’imaginer son histoire. La composition est dominée par la présence d’une jeune femme représentée de profil dans la partie gauche de la feuille. Quelques lignes suffisent à Miró pour lui donner une présence saisissante. Son long nez, son œil largement ouvert et sa chevelure déployée en fines lignes rayonnantes appartiennent pleinement au répertoire formel développé par l’artiste à la fin des années 1930.
Tout en continuant à se coiffer, Violette semble effectuer un mouvement brusque vers son miroir et courir à grandes enjambées vers sa destinée. Sa poitrine, son nombril et l’espace entre ses jambes peuvent également évoquer la présence d’un homme barbu nous regardant frontalement, révélant ainsi l’ambiguïté et la dimension métamorphique propres à l’univers de Miró. Le corps de Violette est lui aussi traité comme une forme en transformation. Son cou s’allonge de manière irréelle, reliant la tête à un torse réduit à une forme ovoïde. Ses jambes largement écartées occupent la partie inférieure de la composition et donnent à la figure une présence presque monumentale.
Miró transforme ainsi le corps féminin en un signe vivant : ni véritable portrait ni simple figure imaginaire, mais une apparition poétique suspendue entre réalité et rêve. Les délicates touches rosées qui animent les joues, le visage et certaines parties du corps apportent une douceur charnelle à l’ensemble. Elles introduisent une sensation de fraîcheur et d’humanité qui contraste avec la force du trait noir. À droite de la composition apparaissent les éléments permettant d’identifier le cadre de la scène. Un grand rectangle noir placé légèrement en retrait évoque clairement un miroir. Sa présence organise l’espace et confirme le thème de la toilette. Sous celui-ci, une structure géométrique composée de quelques lignes horizontales et verticales peut être interprétée comme une chaise. Ensemble, ces éléments rappellent l’univers d’une salle de bain. Réduits à quelques signes essentiels, ils restent néanmoins immédiatement reconnaissables.
Miró démontre ici sa capacité exceptionnelle à suggérer un environnement complet avec une remarquable économie de moyens. Cette simplification volontaire des formes constitue l’une des caractéristiques majeures de son art. Il ne cherche jamais à reproduire fidèlement le monde visible ; il en retient l’essentiel afin d’en révéler la dimension poétique. Les objets du quotidien deviennent ainsi des signes, tandis que les figures humaines acquièrent une portée universelle.
Exécutée à l’huile, à la gouache et à l’encre sur papier, l’œuvre témoigne également de la liberté technique qui caractérise Miró à cette époque. Le support papier favorise la spontanéité du dessin, tandis que les différentes techniques se combinent avec une grande souplesse. Le trait noir, fluide et nerveux, structure la composition avec une apparente simplicité qui masque une parfaite maîtrise. Si la période est marquée par les bouleversements de l’Histoire, Miró choisit ici de privilégier une scène intime et silencieuse. Cette jeune femme se coiffant apparaît comme une figure de grâce et de sérénité. L’œuvre ne constitue pas une échappatoire au réel, mais plutôt sa transfiguration poétique.
Provenance
Galerie Pierre Matisse, New-York.Galeries Acquavella, New-York.
Collection Seibu, Tokyo.
Galerie Lelong, Paris.
Collection privée, France.
Vente Drouot Estimations, Paris, 2026.
Exhibitions
Yokohama Museum of Art, Joan Miró. Centennial Exhibition: The Pierre Matisse Collection, 1992.Tokyo, Setagaya Art Museum - Nagoya, Aichi Prefectural Museum of Art.
المنشورات
Jacques Dupin, Miró, Flammarion, Paris 2024, illustré sous le n°243, p. 221.Jacques Dupin et Ariane Lelong-Mainaud, Joan Miró. Catalogue Raisonné. Drawings, Volume II : 1938-1959, Daniel Lelong et Successió Miró éditeurs, 2010, illustré sous le n°846 p. 34-35.
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