REFLECTION: 71, RUE DU FAUBOURG SAINT-HONORÉ, PARIS 8E
Current and Forthcoming exhibition
Overview
Un seul mot, et déjà un dédoublement. Reflection dit à la fois le reflet et la réflexion : l'image que renvoie une surface, et la pensée qui s'y attarde. Le miroir n'y est pas un sujet parmi d'autres ; il est une manière de regarder.
Tout commence par l'eau. À la charnière des XIXe et XXe siècles, elle devient pour les modernes bien plus qu'un motif de paysage : surface mouvante, miroir instable, espace de projection et de métamorphose. Oscillant entre immobilité et mouvement, transparence et profondeur, elle se fait terrain d'expérimentation où chaque artiste invente sa propre écriture.
Pour les Impressionnistes et leurs proches, elle est le lieu de la sensation immédiate. Vibrations lumineuses, reflets changeants, impressions fugitives : des paysages baignés de lumière de Renoir aux vues de Signac, l'eau devient un espace vivant et éphémère, traversé par les variations du jour.
Avec les Nabis, et notamment Maurice Denis, elle quitte le champ de l'observation pour celui de l'intériorité ; plus silencieuse, plus intime, elle se fait contemplation et mémoire. Le Fauvisme l'emporte ensuite vers une liberté chromatique inédite : chez Valtat, Manguin, Dufy ou Friesz, les eaux se teintent de roses, de rouges et d'orangés inattendus, et le paysage devient pure sensation.
Pour les Cubistes, et notamment André Lhote, ports, lagunes et rivages se font constructions ordonnées, où l'impression cède la place à la structure. De Marquet à Picabia, l'eau demeure enfin un territoire d'invention, espace de rêverie autant que de projection imaginaire.
Le reflet ne s'arrête pas à la surface de l'eau. Il y a aussi le double, cette autre forme du miroir. La paire, l'écho, la répétition : les Pair of Standing Figures de Lynn Chadwick, la Paire de Médaillons d'Alberto Giacometti, les bestiaires en miroir des Lalanne. Deux fois la même forme, et déjà le regard hésite : où est l'original, où est le reflet ?
Cette hésitation se déplace bientôt vers le sujet lui-même, car le miroir finit toujours par renvoyer un visage. Le Nu Couché au Miroir de Camoin, le Visage à Deux Profils de Picasso où une figure se dédouble sur la feuille, les têtes obsédantes d'Alberto Giacometti ou La toilette de Violette de Miró interrogent tous l'identité au moment précis où l'on se surprend à se regarder.
Il y a enfin le reflet qui trouble et qui ment. Aux marges du Surréalisme, le miroir devient seuil : songes, apparitions, paysages impossibles. Les visions de Rudolph Schlichter, Simplicity de Max Ernst, les architectures scintillantes de Cargaleiro ouvrent sur un espace où le réel se renverse, où l'illusion suit ses propres lois.
Il y a enfin le reflet qui trouble et qui ment. Aux marges du Surréalisme, le miroir devient seuil : songes, apparitions, paysages impossibles. Les visions de Rudolph Schlichter, Simplicity de Max Ernst, les architectures scintillantes de Cargaleiro ouvrent sur un espace où le réel se renverse, où l'illusion suit ses propres lois.
Réunissant des œuvres réalisées de 1866 à nos jours, Reflection propose une traversée de plus d'un siècle de création à travers un motif aussi familier qu'insaisissable. Plus qu'un sujet, le reflet y devient le miroir des métamorphoses du regard moderne.
