PIERRE BONNARD 1867-1947
Paysage au basset, circa 1922
Huile sur toile
41,5 x 55 cm
68,5 x 82 cm (avec cadre)
68,5 x 82 cm (avec cadre)
Cachet de l'atelier 'Bonnard' en bas à droite : Lugt 3886
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Ce tableau de Pierre Bonnard offre une vision sensible et vibrante d'un paysage rural, où la nature, les habitations et la présence animale se mêlent dans une harmonie intime. La...
Ce tableau de Pierre Bonnard offre une vision sensible et vibrante d'un paysage rural, où la nature, les habitations et la présence animale se mêlent dans une harmonie intime. La scène représente un chemin qui traverse la composition et conduit vers un groupe de maisons entourées d'arbres, tandis qu'au premier plan un petit chien, un basset, traverse l'espace. Cette présence animale, loin d'être anecdotique, est au cœur de l'univers de Bonnard.
La palette chromatique joue un rôle essentiel dans la construction de l'œuvre. Bonnard utilise des couleurs chaudes et lumineuses : des jaunes éclatants dominent les champs, mêlés à des verts profonds, des touches de bleu, de violet et de brun. Ces couleurs ne sont pas réalistes mais expressives : elles traduisent une sensation, une lumière, une atmosphère. Le paysage semble baigné dans une clarté diffuse, presque irréelle, comme un souvenir recomposé plutôt qu'une observation directe.
Cette approche s'inscrit dans le mouvement des Nabis, auquel Bonnard appartient. Les Nabis privilégient la subjectivité, la simplification des formes et l'importance de la surface picturale. Chez Bonnard, cela se traduit par une perspective souple, des formes peu définies et une composition construite avant tout par la couleur.
Sa technique repose sur une touche libre et visible. Les coups de pinceau sont fragmentés, parfois presque tachetés, laissant apparaître la texture de la toile. Les contours sont flous, les formes se fondent les unes dans les autres, créant une impression de vibration constante. Bonnard peint souvent de mémoire, ce qui donne à ses œuvres un caractère légèrement onirique.
Le mouvement est subtil mais bien présent. Il se manifeste dans le chemin qui guide le regard vers le fond, dans les feuillages qui semblent frémir, mais aussi dans le basset au premier plan, qui introduit une dynamique discrète et vivante. Ce chien n'est pas un simple détail : il structure l'espace et attire le regard.
Comme l'écrit Marguerite Bouvier en 1943, « c'est aller au cœur de Bonnard que de lui parler des chiens, son œuvre en est pleine et sa maison ». L'artiste a vécu entouré d'eux toute sa vie : « Ravageau » et « Bella » en 1890, « Black » vers 1908-1910, puis les célèbres bassets « Ubu » en 1915 et « Poucette » dans les années 1940. Il en posséda parfois jusqu'à quatre en même temps. Leur présence dans ses tableaux traduit un attachement profond et constant au monde animal.
La scène se situe probablement en Normandie, à proximité de « La Roulotte », la maison que Bonnard acquiert en 1912 à Vernonnet, près de la Seine. Dans cet environnement paisible, ses chiens, notamment « Black » puis « Ubu », gambadaient dans la campagne, tandis que lui-même profitait de promenades, souvent avec Marthe. Dans son agenda, en mars 1944, Bonnard note : « Les stations de rêverie comme le chat. Le sommeil entre les exaltations comme le chien ». L'animal devient ainsi une figure poétique, presque un double de l'artiste.
La palette chromatique joue un rôle essentiel dans la construction de l'œuvre. Bonnard utilise des couleurs chaudes et lumineuses : des jaunes éclatants dominent les champs, mêlés à des verts profonds, des touches de bleu, de violet et de brun. Ces couleurs ne sont pas réalistes mais expressives : elles traduisent une sensation, une lumière, une atmosphère. Le paysage semble baigné dans une clarté diffuse, presque irréelle, comme un souvenir recomposé plutôt qu'une observation directe.
Cette approche s'inscrit dans le mouvement des Nabis, auquel Bonnard appartient. Les Nabis privilégient la subjectivité, la simplification des formes et l'importance de la surface picturale. Chez Bonnard, cela se traduit par une perspective souple, des formes peu définies et une composition construite avant tout par la couleur.
Sa technique repose sur une touche libre et visible. Les coups de pinceau sont fragmentés, parfois presque tachetés, laissant apparaître la texture de la toile. Les contours sont flous, les formes se fondent les unes dans les autres, créant une impression de vibration constante. Bonnard peint souvent de mémoire, ce qui donne à ses œuvres un caractère légèrement onirique.
Le mouvement est subtil mais bien présent. Il se manifeste dans le chemin qui guide le regard vers le fond, dans les feuillages qui semblent frémir, mais aussi dans le basset au premier plan, qui introduit une dynamique discrète et vivante. Ce chien n'est pas un simple détail : il structure l'espace et attire le regard.
Comme l'écrit Marguerite Bouvier en 1943, « c'est aller au cœur de Bonnard que de lui parler des chiens, son œuvre en est pleine et sa maison ». L'artiste a vécu entouré d'eux toute sa vie : « Ravageau » et « Bella » en 1890, « Black » vers 1908-1910, puis les célèbres bassets « Ubu » en 1915 et « Poucette » dans les années 1940. Il en posséda parfois jusqu'à quatre en même temps. Leur présence dans ses tableaux traduit un attachement profond et constant au monde animal.
La scène se situe probablement en Normandie, à proximité de « La Roulotte », la maison que Bonnard acquiert en 1912 à Vernonnet, près de la Seine. Dans cet environnement paisible, ses chiens, notamment « Black » puis « Ubu », gambadaient dans la campagne, tandis que lui-même profitait de promenades, souvent avec Marthe. Dans son agenda, en mars 1944, Bonnard note : « Les stations de rêverie comme le chat. Le sommeil entre les exaltations comme le chien ». L'animal devient ainsi une figure poétique, presque un double de l'artiste.
Provenance
Atelier de l'artiste.Collection Claude Terrasse.
Puis par descendance à l'ancien propriétaire.
Vente Christie's, Paris, 2026.
CATALOGUES
J. et H. Dauberville, Bonnard: Catalogue raisonné de l'œuvre peint, 1920-1939, Paris, 1973, Volume III, illustré sous le n°1125, p. 122.
S. Guégan, Pierre Bonnard et ses chiens, Paris, 2026, illustré p. 63.
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