ALBERT MARQUET 1875-1947
Bateaux dans la Rade, 1921
Huile sur toile
37,9 x 46 cm
Signé en bas à gauche : marquet
Réalisé en 1921, Bateaux dans la rade appartient à la période la plus féconde de la carrière d'Albert Marquet, alors que l'artiste partage son temps entre Paris et les rivages de la...
Réalisé en 1921, Bateaux dans la rade appartient à la période la plus féconde de la
carrière d'Albert Marquet, alors que l'artiste partage son temps entre Paris et les
rivages de la Méditerranée. Dès le début des années 1920, les ports, les quais et les
paysages maritimes deviennent l'un de ses sujets de prédilection. Fasciné par les
variations infinies de la lumière sur l'eau, Marquet développe une peinture d'une
remarquable économie de moyens, où quelques formes essentielles suffisent à
restituer l'atmosphère d'un lieu. La composition représente une rade baignée d'une
lumière éclatante, rattachée aux paysages maritimes exécutés à Alger, dont le
peintre explore inlassablement le port et la baie au début des années 1920
Au premier plan, plusieurs remorqueurs et embarcations sont amarrés le long du
quai, leurs cheminées orangées venant ponctuer la vaste étendue turquoise de la
mer. À l'arrière-plan, une jetée et quelques navires plus imposants structurent
l'horizon, tandis que les reliefs lointains se dissolvent dans une légère brume. Le ciel,
parcouru de larges nuages aux tonalités blanches et grises, équilibre la composition
et accentue la sensation d'espace qui caractérise l'œuvre. Marquet ne cherche
jamais la description minutieuse. Son regard se concentre sur l'essentiel : quelques
lignes d'horizon, des masses colorées et un subtil équilibre entre les formes suffisent
à évoquer la réalité. Cette simplification, héritée des recherches fauves mais
rapidement épurée, confère à ses paysages une force silencieuse et une grande
modernité. La touche demeure souple et libre, tandis que la matière, volontairement
légère, laisse respirer la toile et participe à l'impression de luminosité. La couleur
joue ici un rôle fondamental. Les bleus intenses de la mer dominent la composition et
se déclinent dans une multitude de nuances, depuis les verts d'eau translucides du
premier plan jusqu'aux tonalités plus froides de l'horizon. Quelques accents d'ocre,
de rose et d'orangé animent discrètement les quais et les bateaux, sans jamais
rompre l'harmonie générale. Cette palette réduite traduit avec une grande justesse
les vibrations de la lumière méditerranéenne, que Marquet restitue avec une
sensibilité toute personnelle. Bien qu'il ait été l'un des compagnons de route de
Matisse au sein du Fauvisme, Albert Marquet s'en distingue rapidement par une
approche plus retenue. Là où les Fauves exaltent les contrastes violents et les
couleurs pures, il privilégie une peinture de la nuance et de l'équilibre
Les ports occupent une place centrale dans son œuvre. De Bordeaux à Alger, de
Naples à Hambourg ou à Marseille, Marquet parcourt les rivages d'Europe et
d'Afrique du Nord, trouvant dans les installations portuaires un motif inépuisable. Les
navires, les quais et les plans d'eau lui offrent un vocabulaire imple qui lui permet
d'organiser l'espace avec une grande rigueur, tout en laissant la lumière demeurer le
véritable sujet de ses tableaux.
carrière d'Albert Marquet, alors que l'artiste partage son temps entre Paris et les
rivages de la Méditerranée. Dès le début des années 1920, les ports, les quais et les
paysages maritimes deviennent l'un de ses sujets de prédilection. Fasciné par les
variations infinies de la lumière sur l'eau, Marquet développe une peinture d'une
remarquable économie de moyens, où quelques formes essentielles suffisent à
restituer l'atmosphère d'un lieu. La composition représente une rade baignée d'une
lumière éclatante, rattachée aux paysages maritimes exécutés à Alger, dont le
peintre explore inlassablement le port et la baie au début des années 1920
Au premier plan, plusieurs remorqueurs et embarcations sont amarrés le long du
quai, leurs cheminées orangées venant ponctuer la vaste étendue turquoise de la
mer. À l'arrière-plan, une jetée et quelques navires plus imposants structurent
l'horizon, tandis que les reliefs lointains se dissolvent dans une légère brume. Le ciel,
parcouru de larges nuages aux tonalités blanches et grises, équilibre la composition
et accentue la sensation d'espace qui caractérise l'œuvre. Marquet ne cherche
jamais la description minutieuse. Son regard se concentre sur l'essentiel : quelques
lignes d'horizon, des masses colorées et un subtil équilibre entre les formes suffisent
à évoquer la réalité. Cette simplification, héritée des recherches fauves mais
rapidement épurée, confère à ses paysages une force silencieuse et une grande
modernité. La touche demeure souple et libre, tandis que la matière, volontairement
légère, laisse respirer la toile et participe à l'impression de luminosité. La couleur
joue ici un rôle fondamental. Les bleus intenses de la mer dominent la composition et
se déclinent dans une multitude de nuances, depuis les verts d'eau translucides du
premier plan jusqu'aux tonalités plus froides de l'horizon. Quelques accents d'ocre,
de rose et d'orangé animent discrètement les quais et les bateaux, sans jamais
rompre l'harmonie générale. Cette palette réduite traduit avec une grande justesse
les vibrations de la lumière méditerranéenne, que Marquet restitue avec une
sensibilité toute personnelle. Bien qu'il ait été l'un des compagnons de route de
Matisse au sein du Fauvisme, Albert Marquet s'en distingue rapidement par une
approche plus retenue. Là où les Fauves exaltent les contrastes violents et les
couleurs pures, il privilégie une peinture de la nuance et de l'équilibre
Les ports occupent une place centrale dans son œuvre. De Bordeaux à Alger, de
Naples à Hambourg ou à Marseille, Marquet parcourt les rivages d'Europe et
d'Afrique du Nord, trouvant dans les installations portuaires un motif inépuisable. Les
navires, les quais et les plans d'eau lui offrent un vocabulaire imple qui lui permet
d'organiser l'espace avec une grande rigueur, tout en laissant la lumière demeurer le
véritable sujet de ses tableaux.
Provenance
Galerie Druet, Paris (acquis auprès de l'artiste le 10 juin 1921).Bénard Frères et Cie., Paris (acquis auprès de celle-ci par l'intermédiaire de Charles Montag).
Vente, Mes Engelmann, Baudoin et Bellier, Paris, 1933.
Collection Dr. Beauvais, France (acquis au cours de cette vente).
Vente, Mes Champin et Lombrail, Enghien-les-Bains, 1979.
Vente, Sotheby's, Londres, 1980.
Galerie Art-Mel, Paris.
Acquis auprès de celle-ci en février 1981.
Vente Christie's, Paris, 2026.
CATALOGUES
J.-C. Martinet et G. Wildenstein, Marquet, L'Afrique du Nord, Catalogue de l'œuvre peint, Paris, Volume I, 2001, illustré sous le n° I-16, p. 89.Newsletter
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