HENRI LAURENS 1885-1954
La Grappe de raisins, 1928
Terre cuite peinte
28,8 x 47,6 x 2,5 cm
38 x 55,5 x 11 cm (avec cadre)
38 x 55,5 x 11 cm (avec cadre)
Édition de 4 exemplaires
Réalisée en 1922, La Grappe de raisins appartient à la période de maturité d’Henri Laurens, moment où l’artiste développe un langage sculptural personnel issu des recherches du cubisme. Installé à...
Réalisée en 1922, La Grappe de raisins appartient à la période de maturité d’Henri Laurens, moment où l’artiste développe un langage sculptural personnel issu des recherches du cubisme. Installé à Paris au cœur de l’avant-garde artistique du début du XXᵉ siècle, Laurens entretient des relations étroites avec plusieurs figures majeures du mouvement, notamment Georges Braque et Pablo Picasso. Leur influence joue un rôle déterminant dans l’évolution de son œuvre. Dès les années 1910, Laurens transpose dans la sculpture les principes formels du cubisme, fondés sur la fragmentation des formes et la construction de l’espace par plans géométriques.
Le motif de la nature morte, très présent dans la peinture cubiste de Braque, constitue une source d’inspiration importante pour Laurens. Braque développe dès les années 1910 de nombreuses compositions représentant des objets simples tels instruments de musique, verres, compotiers ou grappes de raisins, qu’il décompose et recompose selon une structure géométrique. Laurens s’inscrit dans ce dialogue entre peinture et sculpture en transposant ces recherches dans le volume. Dans La Grappe de raisins, les fruits apparaissent sous forme de volumes sphériques stylisés qui s’intègrent à une composition construite par plans imbriqués. Le relief s’organise autour de plusieurs éléments de la nature morte répartis dans l’espace de la composition. La grappe de raisins apparaît à deux reprises, devenant un motif rythmique qui structure l’ensemble. Les différents plans colorés participent à la construction spatiale de l’œuvre et rappellent la palette souvent utilisée dans les natures mortes cubistes de Braque.
Un élément particulièrement remarquable se situe sur la partie droite du relief : un outil de sculpture identifiable à un ébauchoir. Cet instrument traditionnel du sculpteur et du céramiste sert à creuser, découper ou affiner la matière encore fraîche. Sa présence dans la composition introduit une dimension réflexive : Laurens représente l’outil même du travail de la sculpture. À la manière des objets d’atelier que Braque intègre dans ses natures mortes, cet ébauchoir devient un élément iconographique qui évoque directement le processus de création artistique, l’œuvre est réalisée en terre cuite peinte, médium que Laurens emploie avec prédilection dans les années 1920 pour ses reliefs.
La Grappe de raisins a été réalisée de rares exemplaires. L’exemplaire présenté ici appartient aux 4 éditions connues. Une autre version est conservée dans les collections nationales françaises et provient de la donation de Daniel-Henry Kahnweiler. Marchand d’art et théoricien du cubisme, Kahnweiler fut l’un des principaux soutiens des artistes cubistes, notamment Braque, Picasso et Laurens, contribuant largement à la reconnaissance de leur travail. La production à plusieurs exemplaires correspond une pratique relativement fréquente chez Laurens pour certains reliefs en terre cuite. Chaque exemplaire conserve néanmoins les traces du modelage original et les particularités du travail de la matière, témoignant du geste direct de l’artiste. Par la synthèse qu’elle opère entre nature morte cubiste, représentation d’objets d’atelier et construction plastique en relief, La Grappe de raisins illustre la manière dont Henri Laurens a su prolonger dans la sculpture les innovations formelles introduites par Braque et Picasso.
Le motif de la nature morte, très présent dans la peinture cubiste de Braque, constitue une source d’inspiration importante pour Laurens. Braque développe dès les années 1910 de nombreuses compositions représentant des objets simples tels instruments de musique, verres, compotiers ou grappes de raisins, qu’il décompose et recompose selon une structure géométrique. Laurens s’inscrit dans ce dialogue entre peinture et sculpture en transposant ces recherches dans le volume. Dans La Grappe de raisins, les fruits apparaissent sous forme de volumes sphériques stylisés qui s’intègrent à une composition construite par plans imbriqués. Le relief s’organise autour de plusieurs éléments de la nature morte répartis dans l’espace de la composition. La grappe de raisins apparaît à deux reprises, devenant un motif rythmique qui structure l’ensemble. Les différents plans colorés participent à la construction spatiale de l’œuvre et rappellent la palette souvent utilisée dans les natures mortes cubistes de Braque.
Un élément particulièrement remarquable se situe sur la partie droite du relief : un outil de sculpture identifiable à un ébauchoir. Cet instrument traditionnel du sculpteur et du céramiste sert à creuser, découper ou affiner la matière encore fraîche. Sa présence dans la composition introduit une dimension réflexive : Laurens représente l’outil même du travail de la sculpture. À la manière des objets d’atelier que Braque intègre dans ses natures mortes, cet ébauchoir devient un élément iconographique qui évoque directement le processus de création artistique, l’œuvre est réalisée en terre cuite peinte, médium que Laurens emploie avec prédilection dans les années 1920 pour ses reliefs.
La Grappe de raisins a été réalisée de rares exemplaires. L’exemplaire présenté ici appartient aux 4 éditions connues. Une autre version est conservée dans les collections nationales françaises et provient de la donation de Daniel-Henry Kahnweiler. Marchand d’art et théoricien du cubisme, Kahnweiler fut l’un des principaux soutiens des artistes cubistes, notamment Braque, Picasso et Laurens, contribuant largement à la reconnaissance de leur travail. La production à plusieurs exemplaires correspond une pratique relativement fréquente chez Laurens pour certains reliefs en terre cuite. Chaque exemplaire conserve néanmoins les traces du modelage original et les particularités du travail de la matière, témoignant du geste direct de l’artiste. Par la synthèse qu’elle opère entre nature morte cubiste, représentation d’objets d’atelier et construction plastique en relief, La Grappe de raisins illustre la manière dont Henri Laurens a su prolonger dans la sculpture les innovations formelles introduites par Braque et Picasso.
Provenance
Galerie Louise Leiris, Paris (étiquette).Acquis auprès de cette galerie dans les années 1950-1960 par l'ancien propriétaire.
Vente Sotheby's Londres, juin 2025.
Collection privée.
Exhibitions
Paris, Grand Palais, Henri Laurens. Exposition de la donation aux Musées nationaux, 1967, n° 129, n.p., autre modèle illustré en couleur.
Publications
Henri Laurens. Exposition de la donation aux Musées nationaux,
Paris, Grand Palais, 1967, n° 129, n.p., autre modèle illustré.Sandor Kuthy, Henri Laurens 1885-1954, Fribourg, 1985, n° 36, p. 84, autre modèle illustré.
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