ALBERT MARQUET 1875-1947
La barque à Samois, 1917
Huile sur carton entoilé
33 x 40,5 cm
52,5 x 61 cm (avec cadre)
52,5 x 61 cm (avec cadre)
This work will be included in the digital Catalogue Raisonné of Albert Marquet currently being prepared by Wildenstein Plattner Institute Inc. Notice of inclusion dated September 15, 2026.
Signé en bas, à gauche du Cachet de l’Atelier : Marquet
Cadre d'origine en bois doré et sculpté, France, début XXème siècle.
Cadre d'origine en bois doré et sculpté, France, début XXème siècle.
Further images
Peinte en 1917, La Barque à Samois appartient à l’une des périodes les plus attachantes de l’œuvre d’Albert Marquet. Si l’artiste est souvent associé aux ports méditerranéens, aux quais de...
Peinte en 1917, La Barque à Samois appartient à l’une des périodes les plus attachantes de l’œuvre d’Albert Marquet. Si l’artiste est souvent associé aux ports méditerranéens, aux quais de Marseille, d’Alger ou de Naples, il demeure profondément attaché aux paysages fluviaux de l’Île-de-France qui ont accompagné toute sa carrière. La Seine, la Marne et leurs berges constituent pour lui un territoire familier, un paysage intime auquel il revient régulièrement. En pleine Première Guerre mondiale, alors que de nombreux artistes voient leur pratique bouleversée par les événements, Marquet trouve dans ces paysages paisibles un sujet privilégié, propice à l’observation de la lumière et des variations atmosphériques. L’artiste séjourne régulièrement à Samois-sur-Seine durant cette période. Le village, situé sur les rives de la Seine, lui offre un cadre idéal pour cette peinture de plein air qu’il affectionne depuis ses débuts. Selon les témoignages de ses proches, Marquet utilisait fréquemment une barque rouge qui lui permettait de parcourir le fleuve et d’observer le paysage depuis l’eau. Cette embarcation, devenue presque emblématique de ses séjours à Samois, apparaît ici au cœur de la composition. L’œuvre présente une scène d’une remarquable simplicité. Au premier plan, une longue barque rouge occupe horizontalement la quasi-totalité de l’espace pictural. Amarrée au bord de l’eau, elle constitue l’élément structurant de la composition. À son extrémité droite prend place une figure féminine vêtue de clair, coiffée d’un large chapeau rouge dont la couleur répond à celle de l’embarcation. Il pourrait s’agir de Marcelle Marquet, épouse et compagne de l’artiste, souvent présente dans ses scènes de loisirs et de villégiature. Cependant, fidèle à son tempérament réservé, Marquet ne cherche jamais l’anecdote ni le portrait psychologique ; la figure participe avant tout à l’équilibre général de la composition. Toute la subtilité de l’œuvre réside dans le dialogue entre les masses colorées. Le rouge chaleureux de la barque et du chapeau se détache avec force sur la vaste étendue argentée du fleuve. L’eau occupe en effet la majeure partie de la surface picturale et agit comme un immense miroir diffusant une lumière douce et uniforme. Les rives lointaines, traitées dans des tonalités grises, bleutées et verdâtres, se dissolvent dans une atmosphère légèrement brumeuse qui rappelle les recherches impressionnistes sur les effets de lumière et les variations météorologiques. Là où beaucoup de peintres multiplient les détails descriptifs, Marquet procède par simplification. Quelques touches suffisent à évoquer les arbres du rivage, les collines lointaines ou les reflets sur l’eau. Le paysage semble réduit à l’essentiel, mais cette apparente simplicité résulte d’une extraordinaire maîtrise. Chaque forme est parfaitement pesée, chaque couleur trouve naturellement sa place dans l’équilibre général de la composition. L’œuvre illustre également la fascination constante de Marquet pour les effets atmosphériques. Le ciel gris perle, la lumière diffuse et la surface calme du fleuve créent une impression de silence et de sérénité. L’artiste ne cherche pas à représenter un moment spectaculaire, mais plutôt un instant suspendu. Cette capacité à traduire l’atmosphère d’un lieu avec une économie de moyens exceptionnelle constitue l’une des signatures les plus reconnaissables de son œuvre. Ancien compagnon de route des Fauves aux côtés d’Henri Matisse, André Derain et Maurice de Vlaminck, Marquet s’est rapidement distingué par une sensibilité différente. S’il conserve de cette période un goût certain pour les accords colorés, il s’éloigne progressivement des violences chromatiques du fauvisme pour développer une palette plus nuancée et plus subtile. Dans La Barque à Samois, cette recherche atteint une parfaite maturité : les gris argentés, les verts atténués et les bleus délicats composent une harmonie raffinée dont les accents rouges constituent le point d’équilibre.
Provenance
Collection Marcelle Marquet, femme de l’artiste, inscription de ses initiales au dos du tableau (m. m.).Collection Jean-Claude Martinet, neveu de l’artiste.
Collection privé, acquis directement du précédent.
Exhibitions
New York, Galerie Wildenstein, Albert Marquet, 1875-1947: A Tribute to the Late Jean-Claude Martinet, Author of the Forthcoming Catalogue Raisonné of the Artist’s Works, avril-mai 1985, illsutré p. 43 et p. 95.
Lausanne, Fondation de l’Hermitage, Albert Marquet, 1875-1947, février-juin 1988, illustré sous le n° 45 et p. 147 (label au dos).
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