ALBERT MARQUET 1875-1947
Kouros dans l’atelier du 19 Quai Saint Michel à Paris, 1917
Huile sur toile
92 x 66 cm
121 x 94,5 cm (avec cadre)
121 x 94,5 cm (avec cadre)
Signé en bas à droite : Marquet
Cette œuvre constitue un témoignage particulièrement précieux de l'univers intime d'Albert Marquet. L'artiste ne représente pas ici un paysage, un port ou une vue urbaine, mais un élément familier de...
Cette œuvre constitue un témoignage particulièrement précieux de l'univers intime d'Albert Marquet. L'artiste ne représente pas ici un paysage, un port ou une vue urbaine, mais un élément familier de son environnement quotidien : l'une des sculptures qui occupaient son atelier du 19, quai Saint-Michel à Paris. Depuis les fenêtres de cet atelier, installé face à la Seine et à l'île de la Cité, Marquet réalisa certaines de ses plus célèbres vues parisiennes. Conservé durant une grande partie de sa carrière, cet espace de travail était également un lieu de vie où s'accumulaient objets, souvenirs, œuvres d'art et références visuelles nourrissant son regard.
Parmi ces objets figurait un kouros, sculpture inspirée de la statuaire grecque archaïque, dont la présence est attestée par plusieurs photographies anciennes de l'atelier. On distingue notamment cette même statue à l'arrière-plan d'un portrait d'Yvonne Marquet au quai Saint-Michel, ainsi que sur une photographie montrant Albert Marquet jouant aux échecs avec le photographe Eugène Druet. Cette documentation confère à l'œuvre un intérêt particulier, puisqu'elle permet d'identifier avec certitude le modèle représenté et de le replacer dans l'environnement personnel de l'artiste. La composition s'organise autour de la figure du kouros, représenté debout sur son socle. La sculpture se détache avec netteté devant un fond constitué de panneaux de bois aux tonalités chaudes, probablement un élément du décor de l'atelier. La verticalité de la figure est soulignée par les lignes architecturales qui l'encadrent, créant un équilibre d'une grande stabilité. Marquet ne cherche pas à livrer une description archéologique de la sculpture ; il s'attache avant tout à traduire sa présence dans l'espace. Le corps du jeune homme, traité dans des tonalités blanches et grisées, capte la lumière et devient le véritable centre de la composition. Les volumes sont rendus avec une remarquable économie de moyens : quelques nuances suffisent à suggérer le modelé des bras, du torse et des jambes. Cette sobriété formelle fait écho à la nature même du sujet, la statuaire grecque archaïque étant fondée sur la recherche de l'équilibre, de la mesure et de la permanence.
L'œuvre révèle également un aspect essentiel de la personnalité artistique de Marquet : son profond intérêt pour la sculpture et les civilisations antiques. Comme nombre d'artistes de sa génération, il voyait dans la statuaire grecque un idéal de simplicité, de stabilité et de vérité plastique. Le choix de représenter ce kouros apparaît ainsi particulièrement significatif. Cette fascination pour l'Antiquité était d'ailleurs partagée par plusieurs de ses proches. Une anecdote en témoigne : Henri Matisse offrit à Marquet un masque de momie en stuc peint provenant de l'Égypte romaine, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Au-delà de son intérêt documentaire, cette peinture constitue ainsi un témoignage rare sur l'intimité du peintre et sur l'atmosphère de son célèbre atelier du quai Saint-Michel, où se mêlaient création artistique, collection personnelle et dialogue permanent avec les modèles de l'Antiquité.
Parmi ces objets figurait un kouros, sculpture inspirée de la statuaire grecque archaïque, dont la présence est attestée par plusieurs photographies anciennes de l'atelier. On distingue notamment cette même statue à l'arrière-plan d'un portrait d'Yvonne Marquet au quai Saint-Michel, ainsi que sur une photographie montrant Albert Marquet jouant aux échecs avec le photographe Eugène Druet. Cette documentation confère à l'œuvre un intérêt particulier, puisqu'elle permet d'identifier avec certitude le modèle représenté et de le replacer dans l'environnement personnel de l'artiste. La composition s'organise autour de la figure du kouros, représenté debout sur son socle. La sculpture se détache avec netteté devant un fond constitué de panneaux de bois aux tonalités chaudes, probablement un élément du décor de l'atelier. La verticalité de la figure est soulignée par les lignes architecturales qui l'encadrent, créant un équilibre d'une grande stabilité. Marquet ne cherche pas à livrer une description archéologique de la sculpture ; il s'attache avant tout à traduire sa présence dans l'espace. Le corps du jeune homme, traité dans des tonalités blanches et grisées, capte la lumière et devient le véritable centre de la composition. Les volumes sont rendus avec une remarquable économie de moyens : quelques nuances suffisent à suggérer le modelé des bras, du torse et des jambes. Cette sobriété formelle fait écho à la nature même du sujet, la statuaire grecque archaïque étant fondée sur la recherche de l'équilibre, de la mesure et de la permanence.
L'œuvre révèle également un aspect essentiel de la personnalité artistique de Marquet : son profond intérêt pour la sculpture et les civilisations antiques. Comme nombre d'artistes de sa génération, il voyait dans la statuaire grecque un idéal de simplicité, de stabilité et de vérité plastique. Le choix de représenter ce kouros apparaît ainsi particulièrement significatif. Cette fascination pour l'Antiquité était d'ailleurs partagée par plusieurs de ses proches. Une anecdote en témoigne : Henri Matisse offrit à Marquet un masque de momie en stuc peint provenant de l'Égypte romaine, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Au-delà de son intérêt documentaire, cette peinture constitue ainsi un témoignage rare sur l'intimité du peintre et sur l'atmosphère de son célèbre atelier du quai Saint-Michel, où se mêlaient création artistique, collection personnelle et dialogue permanent avec les modèles de l'Antiquité.
Provenance
Collection Marcelle Marquet, femme de l’artiste, inscription de ses initiales au dos du tableau (m. m.).Collection Jean-Claude Martinet, neveu de l’artiste.
Collection privé, acquis directement du précédent.
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