KEES VAN DONGEN 1877-1968
La Fontaine, circa 1925
Huile sur toile
46 x 33 cm
Cette œuvre sera incluse dans le Catalogue Raisonné Digital actuellement en préparation par le Wildenstein Plattner Institute. Avis d'inclusion en date du 8 juin 2026.
Signé deux fois en bas au centre et sur le châsis : Van Dongen
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Figure majeure de l’avant-garde parisienne, Kees van Dongen s’impose dès le début du XXᵉ siècle comme l’un des principaux représentants du fauvisme. Installé à Paris en 1897 après une formation...
Figure majeure de l’avant-garde parisienne, Kees van Dongen s’impose dès le début du XXᵉ siècle comme l’un des principaux représentants du fauvisme. Installé à Paris en 1897 après une formation à l’Académie royale des Beaux-Arts de Rotterdam, il participe au Salon d’Automne de 1905 aux côtés d’Henri Matisse, André Derain, Maurice de Vlaminck et Albert Marquet. Par son usage audacieux de la couleur et sa touche libre, il contribue à renouveler profondément le langage pictural moderne, faisant de la couleur un élément autonome, affranchi de toute fonction strictement descriptive.
À partir des années 1920, Van Dongen connaît une consécration internationale. Portraitiste recherché de l’aristocratie européenne, des grandes fortunes américaines, des artistes et des célébrités du Tout-Paris, il devient l’un des peintres les plus en vue de son époque. Installé à la Villa Saïd, à proximité du Bois de Boulogne, il partage son temps entre Paris, Deauville, Monte-Carlo, Cannes et Venise, lieux emblématiques de l’élégance et de la vie mondaine. Toutefois, parallèlement à ces prestigieuses commandes, il poursuit une œuvre plus personnelle consacrée aux jardins, aux paysages, aux bouquets et aux scènes de plein air. Ces sujets ne constituent nullement une parenthèse dans sa production ; ils prolongent au contraire le même univers raffiné qui nourrit ses portraits. Les parcs, les villas et les jardins deviennent les décors naturels de cette société cosmopolite dont Van Dongen est l’un des observateurs privilégiés.
La Fontaine, peinte vers 1925, appartient à cet ensemble d’œuvres dans lesquelles la nature est envisagée comme un espace de beauté, de plaisir et de raffinement. Au centre de la composition, un putto de jardin monté sur un dauphin actionne une fontaine au milieu d’une végétation abondante et très colorée. Les gerbes d’eau, les massifs fleuris et les feuillages luxuriants composent une scène où l’artifice du jardin classique se mêle à la spontanéité du geste pictural.
Si aucun élément ne permet aujourd’hui d’identifier avec certitude le lieu représenté, cette sculpture évoque les nombreuses fontaines ornementales qui ponctuent les grands jardins fréquentés par l’artiste dans les années 1920. Elle pourrait notamment rappeler celles du Parc de Bagatelle, dans le Bois de Boulogne, situé à quelques minutes de son hôtel particulier parisien, tout autant que celles des villas de Deauville, de la Riviera ou des jardins italiens qu’il découvre au cours de ses voyages. Plus qu’un site précisément identifiable, cette fontaine apparaît ainsi comme le symbole d’un art de vivre élégant et cosmopolite, dans lequel la nature, domestiquée par la sculpture et l’architecture paysagère, devient le théâtre de la vie mondaine.
Comme dans ses portraits, Van Dongen ne cherche pas ici à décrire fidèlement son sujet, mais à en restituer l’atmosphère et l’impression visuelle. La composition est construite par une juxtaposition de larges touches libres et visibles. Le dessin est volontairement réduit à l’essentiel ; les formes naissent davantage des rapports entre les couleurs que de contours précisément définis. Héritée des principes fondateurs du fauvisme, cette liberté d’exécution confère au tableau une remarquable vitalité et laisse percevoir l’énergie même du geste du peintre.
La palette est dominée par une riche gamme de verts profonds qui enveloppent l’ensemble de la composition. Les rouges vermillon et les roses éclatants des fleurs ponctuent le paysage de notes lumineuses, tandis que les blancs légèrement bleutés de la sculpture captent immédiatement le regard. Van Dongen ne recherche jamais une transcription illusionniste de la nature : la couleur devient le véritable moteur de la composition. Les contrastes chromatiques organisent l’espace, construisent la lumière et insufflent au tableau son intensité expressive.
La matière picturale, tantôt légère et fluide, tantôt plus généreusement empâtée, participe pleinement à cette vibration. La touche demeure visible et conserve la spontanéité du geste, faisant de la surface du tableau un espace animé par le mouvement et la couleur. Cette liberté de facture, associée à une palette d’une grande intensité, témoigne de la persistance des principes fauves dans l’œuvre de Van Dongen bien après les années fondatrices du mouvement.
Dans La Fontaine, la nature n’est donc pas seulement un motif à représenter : elle devient le prétexte à une célébration de la couleur, de la lumière et d’un certain idéal de vie mondaine. Entre jardin réel et paysage rêvé, le tableau condense l’univers de Van Dongen des années 1920, où le raffinement, la sensualité et la liberté picturale se rencontrent dans une même vision lumineuse et sophistiquée.
À partir des années 1920, Van Dongen connaît une consécration internationale. Portraitiste recherché de l’aristocratie européenne, des grandes fortunes américaines, des artistes et des célébrités du Tout-Paris, il devient l’un des peintres les plus en vue de son époque. Installé à la Villa Saïd, à proximité du Bois de Boulogne, il partage son temps entre Paris, Deauville, Monte-Carlo, Cannes et Venise, lieux emblématiques de l’élégance et de la vie mondaine. Toutefois, parallèlement à ces prestigieuses commandes, il poursuit une œuvre plus personnelle consacrée aux jardins, aux paysages, aux bouquets et aux scènes de plein air. Ces sujets ne constituent nullement une parenthèse dans sa production ; ils prolongent au contraire le même univers raffiné qui nourrit ses portraits. Les parcs, les villas et les jardins deviennent les décors naturels de cette société cosmopolite dont Van Dongen est l’un des observateurs privilégiés.
La Fontaine, peinte vers 1925, appartient à cet ensemble d’œuvres dans lesquelles la nature est envisagée comme un espace de beauté, de plaisir et de raffinement. Au centre de la composition, un putto de jardin monté sur un dauphin actionne une fontaine au milieu d’une végétation abondante et très colorée. Les gerbes d’eau, les massifs fleuris et les feuillages luxuriants composent une scène où l’artifice du jardin classique se mêle à la spontanéité du geste pictural.
Si aucun élément ne permet aujourd’hui d’identifier avec certitude le lieu représenté, cette sculpture évoque les nombreuses fontaines ornementales qui ponctuent les grands jardins fréquentés par l’artiste dans les années 1920. Elle pourrait notamment rappeler celles du Parc de Bagatelle, dans le Bois de Boulogne, situé à quelques minutes de son hôtel particulier parisien, tout autant que celles des villas de Deauville, de la Riviera ou des jardins italiens qu’il découvre au cours de ses voyages. Plus qu’un site précisément identifiable, cette fontaine apparaît ainsi comme le symbole d’un art de vivre élégant et cosmopolite, dans lequel la nature, domestiquée par la sculpture et l’architecture paysagère, devient le théâtre de la vie mondaine.
Comme dans ses portraits, Van Dongen ne cherche pas ici à décrire fidèlement son sujet, mais à en restituer l’atmosphère et l’impression visuelle. La composition est construite par une juxtaposition de larges touches libres et visibles. Le dessin est volontairement réduit à l’essentiel ; les formes naissent davantage des rapports entre les couleurs que de contours précisément définis. Héritée des principes fondateurs du fauvisme, cette liberté d’exécution confère au tableau une remarquable vitalité et laisse percevoir l’énergie même du geste du peintre.
La palette est dominée par une riche gamme de verts profonds qui enveloppent l’ensemble de la composition. Les rouges vermillon et les roses éclatants des fleurs ponctuent le paysage de notes lumineuses, tandis que les blancs légèrement bleutés de la sculpture captent immédiatement le regard. Van Dongen ne recherche jamais une transcription illusionniste de la nature : la couleur devient le véritable moteur de la composition. Les contrastes chromatiques organisent l’espace, construisent la lumière et insufflent au tableau son intensité expressive.
La matière picturale, tantôt légère et fluide, tantôt plus généreusement empâtée, participe pleinement à cette vibration. La touche demeure visible et conserve la spontanéité du geste, faisant de la surface du tableau un espace animé par le mouvement et la couleur. Cette liberté de facture, associée à une palette d’une grande intensité, témoigne de la persistance des principes fauves dans l’œuvre de Van Dongen bien après les années fondatrices du mouvement.
Dans La Fontaine, la nature n’est donc pas seulement un motif à représenter : elle devient le prétexte à une célébration de la couleur, de la lumière et d’un certain idéal de vie mondaine. Entre jardin réel et paysage rêvé, le tableau condense l’univers de Van Dongen des années 1920, où le raffinement, la sensualité et la liberté picturale se rencontrent dans une même vision lumineuse et sophistiquée.
Provenance
Galerie Charpentier, Paris.Vente Hôtel George V, Paris, 1988.
Collection privée.
Vente Sotheby’s, Londres, 1990.
Collection privée, Tokyo.
Vente Sotheby’s, New York, 1997.
Galerie Delaive, Amsterdam.
Collection privée, Pays-Bas.
Vente Sotheby's, Paris, 2026.
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