Kees van Dongen, le peintre des femmes

Mai 29, 2026

Il y a chez Kees van Dongen une obsession qui n’a jamais faibli : celle des femmes.
Danseuses, actrices, grandes dames de la haute société, figures rêvées des Années folles, toutes ont, à un moment ou un autre, traversé son atelier.
Le Hollandais arrivé à Paris en 1897 a fait d’elles le sujet inépuisable d’une œuvre que la galerie HELENE BAILLY MARCILHAC vous invite à découvrir.
Cinq œuvres, près de vingt années, un même regard : de la palette fauve des débuts à la rêverie d’après-guerre, suivons le fil.

 

KEES VAN DONGEN (1877-1968), Le Peignoir Rose, 1905

 

 

KEES VAN DONGEN (1877-1968), Danseuse - Fatima, circa 1906-1910

 

 

KEES VAN DONGEN (1877-1968), Les Deux Cousines, circa 1915

 

 

KEES VAN DONGEN (1877-1968), Portrait de Madame Gigandet, circa 1920

 

 

KEES VAN DONGEN (1877-1968), La femme Aux Lapins, circa 1921

 

L'histoire commence dans un appartement parisien, en 1905. Van Dongen a vingt-huit ans, il vient d’embrasser le Fauvisme, et il peint Marie Kalff, jeune actrice qui sera l’une de ses premières muses. Le Peignoir Rose tient en un détail : une étoffe de soie déployée sur un corps à peine deviné, peinte en aplats francs, dans la grammaire fauve qui scandalise alors la critique.
Le jour, l’atelier ; la nuit, Pigalle. Entre 1906 et 1910, Van Dongen pousse les portes des cabarets où se produisent les danseuses du quartier. Il y rencontre Anita, aussi appelée Fatima, danseuse du ventre dont l’exotisme le fascine. Danseuse – Fatima la saisit en mouvement, contours expressifs, couleurs vives, comme arrachée à la nuit.
Dix ans passent, la guerre éclate. Van Dongen, lui, peint deux femmes côte à côte. Les Deux Cousines (vers 1915) marque un tournant : la palette s’apaise, le geste devient plus introspectif. Entre les deux figures, une tension douce s’installe, entre intimité et théâtralité, complicité et distance.
Cinq ans plus tard, van Dongen, célébré, mondain, est devenu le portraitiste de la haute société dans le Paris des Années folles. Vers 1920, il peint le portrait de Madame Gigandet : pose assurée, élégance contemporaine. Le peintre fauve s’est mué en chroniqueur officiel des élites.
L’année suivante, dernière étape. Van Dongen quitte le salon mondain pour entrer dans le rêve. La Femme Aux Lapins (vers 1921) déploie une figure féminine dans un arrière-plan végétal et vaporeux. Van Dongen ne peint plus une femme, il peint une idée de la femme.

 

Près de vingt années traversées par un même regard, une même obsession, une même fascination. Nous vous invitons à découvrir ces œuvres à la galerie.

 

 

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Lou Pelillo