Serge Poliakoff : le rêve des formes

Juin 19, 2026
Cette semaine, HELENE BAILLY MARCILHAC réunit, au sein de THE SEVENTIES, deux œuvres de Serge Poliakoff : une huile de 1967 et une gouache réalisée en 1964.
L’une sur toile, l’autre sur papier, elles témoignent d’une même recherche : celle d’un équilibre subtil entre les formes, l’intensité des couleurs et la tension intérieure qui anime chaque composition. Chaque aplat semble ainsi préserver et révéler cette énergie contenue.
 
 
SERGE POLIAKOFF (1900-1969), Composition Abstraite, 1967
 
Sept couleurs habitent Composition Abstraite. Les variations de rouges y entrent en collision avec les teintes de bleus tout en se complétant, chaque couleur en parfaite symbiose avec les autres. Poliakoff utilise des pigments purs, qu'il superpose les uns aux autres : c'est de cette superposition des couleurs que naît l'intense luminosité du tableau.
 
 
SERGE POLIAKOFF (1900-1969), Composition, 1964
 

En regard, une gouache de 1964 rappelle que cette recherche s'éprouvait aussi sur le papier. Chez Poliakoff, la gouache n'est pas un exercice préparatoire mais une œuvre à part entière et complète. Sur ces formats plus intimes, il invente ses propres tons. Dans ses grands aplats à la géométrie libre se poursuit la même recherche de l'équilibre parfait : des formes qui s'interpénètrent, se répondent et s'animent.

 

 

Comme les grands représentants de l’abstraction, Poliakoff interroge les rapports entre ligne et surface, fond et forme, couleur et lumière. Son œuvre poursuit une seule ambition : donner corps à ce « rêve des formes en soi, qui est le grand mystère à élucider de l’abstrait », selon Pierre Guéguen, critique d'art français.
Une quête que la rétrospective organisée en 2013 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris a pleinement mise en lumière.

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Lou Pelillo